07.01.2012
Élection présidentielle française de 2012, France, Le mal français est toujours là. On connaît les problèmes et les solutions ?
Pour les sociétés centralisées, tout changement est aggression
Le Mal Français, En relisant Le Mal français, le lecteur se convainc de la nécessité de réformes qui apparaissaient déjà ardues, mais encore possibles, il y a trente ans.
France, Le mal français est toujours là. On soutiendrait volontiers que le pessimisme des Français, si palpable au moment de la rédaction du Mal français, n'a fait que se développer.
Mal français, D'où vient ce pessimisme ? D'un obstacle dans les esprits et dans le fonctionnement des institutions. Pour dire les choses en quelques mots et sans nuances, la France, pour Peyrefitte, s'écroule sous le poids du centralisme politique et ....
France, l'État est ruiné. Alain Peyrefitte écrivait son livre au lendemain des Trente Glorieuses auxquelles Jean Fourastié a attaché son nom. Entre 1945 et 1975, le niveau de vie en France avait grimpé de façon spectaculaire : le revenu national réel ....
Le Mal Français, La relecture aujourd'hui de ce gros volume de plus de six cents pages, au genre composite, où se mêlent histoire, lectures, Mémoires, prévisions, psychanalyse sociale, théorie du développement, propositions de réformes, ouvre deux séries
Depuis la publication du Mal français, les Français ont continué à s'enrichir. Mais, année après année, dans tous les domaines – puissance économique, influence politique, culture –, le rang de la France dans le monde n'a cessé de baisser.
Le Mal français, Le diagnostic d'Alain Peyrefitte n'a pas pris une ride, par Jean d'Ormesson, de l'Académie française,
On connaît les problèmes et les solutions
Quelle vérité? Le drame du pays est qu’elle est connue depuis longtemps. La croissance française décroche et le modèle social est truffé d'inacceptables échecs: chômage de masse, exclusion des jeunes, abandon scolaire, etc. Tous les Français sont attachés à leur modèle social, il ne s'agit pas de l'abandonner mais au contraire de le défendre au mieux. La seule question est pragmatique: comment? Le diagnostic est connu et les réponses aussi.
Parmi d'autres mais de façon limpide, le rapport de Michel Camdessus en 2004 proposait de mettre fin à la guerre des idéologies dont le pays raffole et traçait la voie de réformes «structurelles» inspirées des réussites des pays d'Europe du Nord. Par exemple, du Danemark pour le marché du travail pour marier sécurité et mobilité. Ou de Suède pour l'efficacité de l'Etat.
Le pragmatisme devrait être le seul inspirateur: pour l'ancien directeur général du FMI, le libéralisme a du bon et du mauvais, le social a des vertus et des excès, regardons de près, évaluons. Sur le fond, il demandait de cesser d'opposer économie et social pour «rétablir une circularité positive entre efficacité et progrès social». Dans le détail, le rapport proposait la rigueur budgétaire, le soutien de la recherche, un contrat de travail unique, le développement des services.
La France connaît son mal depuis longtemps. Nicolas Sarkozy est le premier à ne pas l'ignorer: il avait déclaré vouloir faire du rapport Camdessus son «livre de chevet». Il l'a d'ailleurs appliqué en partie (autonomie des universités, suppression d'un poste sur deux de fonctionnaires partant en retraire, taxe professionnelle...).
Comment se fait-il alors que le pays tarde dans l'application des médecines connues et, surtout, parte illico dans le décor des fausses promesses à chaque élection? Est-il impossible d'expliquer froidement les faits et les chiffres, et de montrer la direction connue?
En 2007, les esprits avaient avancé dans le chemin du réalisme; en 2012, ils ont reculé. Effet de la crise qui amplifie les angoisses et la croyance aux solutions magiques. Mais, au-delà, tout le monde s’y met pour concourir à ce que la France manque les débats de fond: les médias, qui traquent la «petite phrase», les intellectuels, qui adorent l'idéologie, les mythes et les symboles; les fonctionnaires, qui vivent de l'étatisme; les rentiers, qui profitent de l'immobilisme; les dirigeants politiques, qui pensent que le courage conduit à la défaite; et, hélas, les Français eux-mêmes, qui, dans leurs illusions, préfèrent Chirac à Barre.
Chronique également parue dans Les Echos
12:02 Publié dans Élection présidentielle française de 2012, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










